Belem Porte de l'Amazone

Publié le par Francine Lemay

Nous quittons l'Atlantique pour débuter notre incursion en Amazonie......Contrairement à ce que l'on croyait, l'Amazone n'est pas un seul immense fleuve mais un ensemble de plusieurs cours d'eau, prenant leur source aux pieds du Nevado Mismi, un volcan éteint parmi les nombreux pics des Andes au Pérou, pour se diviser en maintes rivières ( en voici quelques-unes... Quebrada Carhuasanta et Quebrada Apacheta.... Río Loqueta....  Urubamba River....Ucayali.... Marañón River.... Solimões et finalement Rio Negro)  qui se déversent ensuite dans l'Atlantique près de 4,000 milles plus loin. Solimões coule parallèle au Rio Negro et sa jonction avec le Rio Negro, au niveau de Manaus forme finalement l'Amazone, qui avec ses affluents offre plus de 10,000 milles de voies navigables à l'intérieur de l'Amérique du Sud.

Ce dernier tient son nom des alluvions qu'il traîne et qui colorent

ses eaux. La décharge d'eau douce provenant du bassin de l'Amazone s'étend sur plus de 100 milles à sa sortie dans l'océan Atlantique. Cet estuaire a une largeur de 250 milles et déverse environ 4.2 millions de pieds cubes d'eau/seconde dans l'Atlantique. Notre entrée sur l'Amazone est facilement notable.....nous ne naviguons plus sur des flots bleus mais sur des vagues brunes......

Notre premier arrêt sera le port de Belem. La chance est avec nous aujourd'hui.....comme le niveau de l'eau est suffisamment élevé, nous pourrons nous approcher tout près du port, toujours à l'ancre bien sûr car les installations portuaires ne nous permettent pas d'accoster, mais assez près pour nous éviter un transport en autobus de plus de 45 minutes, exigé habituellement pour atteindre la ville......

Belem est la première ville d'importance à l'embouchure de l'Amazone. Le fort de Presépio  érigé en 1616 par les portugais pour se protéger des invasions françaises et hollandaises, donna naissance à la ville. Il est très bien conservé et on peut faire une visite très intéressante de ce fort imposant. 

Notre entrée en ville passe obligatoirement par l'immense marché Mercado Ver-o-Peso, un édifice à quatre tours offrant un grand échantillon de produits régionaux. La découverte du caoutchouc a provoqué le boom économique de la ville. Des fortunes ont été amassées sur le dos d'esclaves, volontaires forcés venus d'Afrique pour travailler à sa récolte. À cette époque le Brésil était le seul exportateur de caoutchouc au monde.....un temps faste pour l'économie du pays....Devant ce succès les britanniques ne voulurent pas être laissés pour compte. Ils importèrent des arbres à caoutchouc et les plantèrent dans leurs colonies en Indonésie. C'est ainsi qu'après quelques années ils purent eux aussi avoir leur part du gâteau. L'invention du caoutchouc synthétique au milieu du XXe siècle mis fin à la suprématie du produit naturel......

C'est durant cette période du début du 20e siècle qu'au Brésil on construisit les magnifiques édifices coloniaux  qu'on peut admirer encore aujourd'hui. Malheureusement, le manque d'entretien de ces édifices par un gouvernement appauvri en réduit la beauté.....Notre tour de ville terminé, nous avons flâné le long de l'Estacao das Docas, un ancien entrepôt le long du bord de mer, converti en magasins, restaurants et boutiques spécialisées. On y trouve même un petit musée maritime....

C'est là-dessus que se termine notre première virée sur l'Amazone. Demain nous allons naviguer sur le fleuve lui-même, en direction de Santarem, la ville située à distance exacte entre Belem et Manaus, cette dernière étant notre destination ultime.

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